Le Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les Infections Sexuellement Transmissibles (CNLS-IST) a organisé la revue annuelle des activités de lutte contre le sida au Togo au cours de l’année 2014. L’activité a eu lieu les 30 et 31 juillet 2015 à l’hôtel Ibis à Lomé.La revue a consisté à valider le rapport des activités menées dans la riposte au VIH au cours de l’année 2014 et le rapport des ressources financières engagées (dénommé REDES) au cours de la même période.

Rapport annuel des activités de la réponse nationale contre le VIH en2014

La  mise en œuvre du plan opérationnel 2014 à travers les interventions au bénéfice des différents groupes cibles prioritaires identifiés dans le PSN 2012-2015 a permis d’obtenir des résultats concrets dans les domaines prioritaires, à savoir la prévention, la prise en charge globale et la gouvernance.

Dans le domaine de prévention, trois types de services essentiels ont été offerts aux populations cibles : Il s’agit de la sensibilisation, la promotion de l’utilisation des préservatifs et l’offre de conseil et dépistage du VIH.  Ainsi :

  • 1 099 756 personnes-contacts ont été touchées par les sensibilisations de proximité sur le VIH/Sida sur les 1 284 332 prévues, soit un taux de réalisation de 85,63%.
  • Aussi 111 148 personnes-contacts sont-elles été  sensibilisées sur les violences basées sur le genre sur les 870 288 prévues soit un taux de réalisation de 12,77%.
  • En matière de communication pour le changement de comportement
  • 522 834 jeunes (personne-contacts) ont été touchés à travers 86 474 séances de sensibilisation
  • 256 505 femmes (personne-contacts) ont été touchées à travers 13 774 séances de sensibilisation
  • 65 986 Professionnelles de sexe (Personnes contacts) ont été touchées à travers 4183 séances de sensibilisation
  • 7 060 HSH  (Personnes contacts) ont été touchés à travers 705 séances de sensibilisation
  • 34 440 Hommes et femmes en Uniforme (personnes contacts) ont été touchés à travers 281 séances de sensibilisation
  • La distribution de préservatifs a également connu un faible taux de réalisation : 11061261 Préservatifs ont été distribués sur les 39 983 489 prévus soit 27,66 %.
  • 296 959 personnes ont  bénéficié d’un test de dépistage au VIH et connaissent leurs résultats sur les 719 203 prévues soit un taux de réalisation de 41%.
  • En ce qui concerne la prise en charge des IST, 97 265 cas d’IST ont été diagnostiqués et traités sur les 114 434 prévus soit un taux de réalisation de 85,00%.
  • En matière de la sécurité transfusionnelle, 48 408 poches de sang et dérivés ont été sécurisés sur les 50050 prévus, soit un taux de réalisation satisfaisant de 96,72%.

Dans le domaine de la prise en charge médicale

  • 37 511 PVVIH (adultes, adolescents et enfants) ont été mises sous traitement ARV sur les  45 372 prévues dans le plan opérationnel en 2014 soit 82,67% de taux de réalisation,
  • 18 999 prophylaxies IO ont été offertes aux PVVIH (adultes, adolescents et enfants)  sur les   24 510 prévues soit un taux de 77,52%.
  • 527 PVVIH (adultes, adolescents et enfants) dépistées TB+ ont été mises concomitamment  sous traitement antituberculeux et antirétroviral sur les 519 prévues soit un taux de réalisation de 102 %.

Les ressources mobilisées et dépensées dans le cadre du VIH en 2014 s’élèvent à dix milliards deux cent cinquante-deux millions sept cent trente un  mille quatre cent trente-cinq(10 252 731 435 F CFA). Les financements domestiques représentaient 25,20 % de l’ensemble des ressources. Le taux de consommation des ressources par rapport au budget prévu était de 62,81%.

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Evaluation des flux des ressources et dépenses consacrées a la réponse nationale au VIH et au sida au togo en 2014

Le Togo a adopté depuis 2008, l’outil d’évaluation des dépenses engagées dans la lutte contre le VIH et a régulièrement produit ses rapports REDES.

L’exercice REDES 2014 a débuté en novembre 2014 (du 03 au 22) avec une mission d’information, de suivi et d’orientation des acteurs de terrain dans les 6 régions du Togo avec pour apothéose une réunion d’informations à Lomé à l’endroit des acteurs du secteur public, privé impliqués dans la lutte contre le sida et des partenaires au développement/ONG internationales. Ces rencontres ont permis de présenter les outils REDES aux acteurs et de recueillir leurs propositions d’amélioration.

La collecte a été ensuite effectuée à Lomé tout comme dans les régions auprès des structures publiques (les ministères, les structures de soins) et privées, de la société civile, des ONG internationales et des partenaires au développement dans la riposte au VIH par l’équipe du SP/CNLS-IST avec l’appui des chargés de suivi évaluation régionaux VIH et les coachs de suivi évaluation des plateformes régionales des OSC qui ont effectué la collecte dans les régions. Le traitement, la saisie, l’analyse des données ainsi que l’élaboration du rapport ont été faits au SP/CNLS-IST par l’équipe du Secrétariat Permanent du CNLS-IST.

L’évaluation montre que les dépenses consacrées à la lutte contre le sida en 2014 sont estimées à 10 252 731 435 FCFA. Ces ressources proviennent de trois principales sources de financement : les fonds publics, les fonds privés et les fonds internationaux. Les fonds internationaux (74,80 %), notamment les ressources du Fonds Mondial, ont dominé les dépenses engagées dans la lutte contre le sida au Togo en 2014. Les fonds domestiques étaient de 25,20% dominés par les fonds publics (50,46 %). Cette configuration du financement de la lutte contre le sida au Togo, dénote d’une forte dépendance du Togo vis-à-vis des ressources extérieures, notamment de celles du Fonds Mondial même si depuis 2006 les financements domestiques ont augmenté de plus de 100% (ils restent encore faible par rapport aux besoins de financement de la réponse nationale). L’analyse de la tendance du financement de la lutte contre le sida au Togo depuis 2006 (figure 01) indique qu’il y a une augmentation régulière des financements domestiques (fonds de l’Etat et financement du secteur privé y compris les dépenses des ménages) alors que les fonds internationaux, bien qu’ayant de tout temps dominé le financement de la lutte contre le VIH au Togo sont  restés stables depuis 2010. Un des problèmes récurrents noté depuis 2012 est la faiblesse du taux d’absorption des ressources financières disponibles par les acteurs de mise en œuvre

Les interventions à l’ouverture

L’ouverture officielle a été prononcée par le Secrétaire Général du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, Professeur Napo Koura. Il s’est réjoui de ce que « le Togo, en quinze ans, a baissé les nouvelles infections  dans la population générale de plus 50% et cette baisse dépasse 60% chez les enfants. » S’agissant des personnes vivant avec le VIH sous médicaments antirétroviraux, Prof Napo Koura a affirmé que le nombre « a dépassé 37000 ».

Il a réaffirmé l’engagement de l’Etat a mobiliser davantage de ressources pour la lutte contre le sida, en se référant au programme de gouvernement du premier Ministre, M. Klassou, « En effet, dans la déclaration de politique de son excellence le Premier Ministre devant l’assemblée nationale, la lutte contre le VIH a été réaffirmée comme priorité et le gouvernement s’est engagé à  augmenter la contribution financière de l’Etat afin d’accroitre le nombre de PVVIH  sous ARV à 60.000 en 2017 (ainsi le taux de couverture thérapeutique passera de 35% en 2014 à 55% en 2017) », a-t-il laissé entendre.

De son côté le Secrétaire Permanent du CNLS-IST, Prof. Vincent Pitché, a réitéré ses gratitudes au gouvernement dont l’engagement s’est matérialisé « par la gratuité des ARV depuis 2008, l’inscription d’une ligne budgétaire au Ministère de la santé pour l’achat des ARV qui s’élevait à 1,3 milliards de FCFA en 2014 et la réaffirmation de la lutte contre le VIH comme priorité du nouveau quinquennat » ressorti du Programme du Premier Ministre.

Le Directeur Pays ONUSIDA au Togo, Dr Christian MOUALA, a situé la lutte contre le sida dans son contexte mondial, avant de relever les avancées du Togo qui « dispose d’outils nécessaires pour la prise en charge et la mobilisation des ressources ».