Corridor Abidjan-Lagos L’OCAL rétrocède aux pays membres les activités et services financés par le Fonds mondial

 

La troisième réunion du Comité Consultatif Inter-Pays (CCIP) du Corridor Abidjan-Lagos a eu lieu les 03 et 04 mai 2018 à Abidjan, capitale de Côte d’Ivoire. La réunion ouverte par Mme Chargée des populations non vulnérables du PNLS Côte d’Ivoire, DON ABLA KAFUI, représentant le Directeur-Coordonnateur du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) de la RCI, a connu la participation de quatre représentants du Togo.

 

La délégation togolaise était comprenait le Chef Service Communication et Relations Publiques du Secrétariat Permanent du Conseil National de lutte contre le sida, Atinèdi GNASSE, Représentant le Coordonnateur National du Secrétariat Permanent du CNLS-ST ; Mme Laure ABALO, représentant le Coordonnateur National du Programme National de Lutte contre le Sida qui est le Président du CCIP ; le Directeur de l’Hôpital d’Aného, Dr Koou AMEHONOU ; le Directeur du Centre de santé de Kodjoviakopé, Dr XX MPOUARI.

 

Intervenant au cours de la cérémonie d’ouverture, la représentante du Président du CCIP, Mme ABALO, a rappelé les objectifs de la troisième réunion qui les Objectifs de cette rencontre sont essentiellement de faire le point sur le processus de dévolution des services et des approvisionnements du projet Corridor aux parties nationales, de ressortir les difficultés de la mise en œuvre de cette dévolution et de réfléchir sur les perspectives de pérennisation. Elle s’est dit convaincue « qu’avec des efforts dans la mise en œuvre des recommandations issus de la 2è réunion du CCIP tenue en décembre 2017 toujours à Abidjan, le Projet Corridor pourra lever les principaux obstacles » aux processus de dévolution.

 

Le Secrétaire Exécutif de l’OCAL, Idrissa KONE, a adressé ses reconnaissances aux membres du CCIP pour leur appui constant à l’OCAL. En effet, a-t-il dit, « le CCIP assure les conseils techniques et pratiques au Comité Directeur et au Secrétariat Exécutif de l’OCAL ». Il est composé de dix membres soit deux par pays membres de l’OCAL. Il a deux commissions, santé et transport. Il a précisé qu’en décembre 2017, « le CCIP a discuté du processus de dévolution après la signature des mémorandums d’entente entre le Corridor et chacun des cinq pays du Corridor Abidjan-Lagos. Mais des difficultés persistent. Ici, on discutera pour lever les obstacles ».

 

Le la de la réunion a été donné par la Représentante du Directeur-Coordonnateur du PNLS Côte-d’Ivoire, Mme DON ABLA KAFUI, Chargée des populations non vulnérables au PNLS. Elle a salué le mérite des interventions du Projet Corridor Abidjan-Lagos sur les populations clés et les populations vulnérables. Et concernant le processus de dévolution, elle s’est réjouie de ce que « la troisième réunion nous permet d’adresser au mieux les obstacles au processus ».

 

Les recommandations de la réunion

 

Les participants à la réunion ont fait quelques recommandations dont , entre autres, la nécessité pour OCAL de prendre attache avec les services en charge des infrastructures sanitaires dans chaque pays afin de tenir compte de toutes les dispositions en matière de normes applicables aux établissements de santé ; la poursuite des échanges avec les représentants du Nigéria et du Ghana pour mettre en route le processus de la demande de l’accord de siège dans ces pays ; la nécessité d’éviter les ruptures de stocks et les ruptures de service sur les sites OCAL au cours du processus de dévolution ; la prise en compte de l’OCAL pour les aspects transfrontaliers dans la mise en œuvre des projets REDISSE sur financement Banque Mondiale dans chacun des cinq pays.

 

Comprendre la dévolution

 

L’organisation du Corridor Abidjan-Lagos dans sa vocation initiale avait pour vision de faire de l’axe Abidjan-Lagos, « Un corridor sans nouvelle infection, sans discrimination, sans décès liés au VIH et sans entrave à la libre circulation des personnes et des biens ».

 

En 2017, à la suite des nombreux résultats obtenus dans la lutte contre le VIH et le SIDA et l’expertise acquise dans cette mission, l’OCAL a mis à jour sa vision pour répondre, en plus des questions sanitaires, à d’autres défis le long du Corridor de même qu’aux points d’entrées et de sorties de l’espace qu’elle couvre et au-delà.

 

La nouvelle vision de l’OCAL est donc d’accentuer ses actions pour « Un Corridor de Développement impulsé par une population en bonne santé, jouissant de tous ses droits et circulant librement en toute sécurité avec ses biens ». En effet, Corridor est un espace partant d’un point A pour aboutir à un point B. Le long de cet espace, il faut prendre des dispositions pour garantir la santé et la sécurité des personnes et des biens. Et sur cet espace, les personnes circulent librement. Pour les populations résidentes et pour celles qui transitent. C’est ce qu’il faut entendre par corridor de développement. C’est le nouveau concept de OCAL. Avec un nouveau logo qui ne fait pas penser seulement au VIH.

 

En accord avec sa nouvelle vision, le Secrétariat Exécutif de l’OCAL a des perspectives de transformation de l’Organisation en institution pérenne. Au nombre de ces perspectives, il y a celle de la Transformation des Unités d’Information en Centres de Santé de premier contact et la surveillance des épidémies aux frontières associée au partage transfrontalier des informations sanitaires. En plus de ces perspectives, dans le cadre de la mise en œuvre du NFM, l’OCALdoit procéder à la dévolution aux partis nationales de l’offre de certains services aux populations cibles. Lors e la deuxième réunion du Comité Consultatif Inter-Pays à Abidjan en décembre 2017, les difficultés observées pendant le processus de la dévolution avaient encore été abordées et le processus de dévolution entériné à travers des mémorandums d’entente entre l’OCAL et les Parties Nationales. Toutefois, il existe sur e terrain cert      ines difficultés qui nécessitent à nouveau d’être débattues pour un transfert sans difficultés de ces services. En d’autres termes, avec la fin des subventions régionales par le Fonds Mondial, les aspects communautaires et des Droits Humains seront rétrocédés. D’où le processus de dévolution.

 

Situation actuelle de la dévolution au niveau de l’OCAL

 

Dans le processus de cette dévolution, l’OCAL a des obligations et les Parties Nationales ont les leurs comme contenues dans les mémorandums d’entente. C’est ainsi qu’au niveau de l’OCAL, des activités ont été planifiées, et qui prennent en compte le dépistage, la prise en charge des IST, la Communication pour le Changement de Comportements, la promotion de l’utilisation correcte du préservatif, et PSM, puisque les autres aspects (aspects communautaires et aspects des Droits Humains), avec la fin des subventions régionales, ont été rétrocédés aux Pays Membres de l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos. Jusqu’à la tenue de la troisième réunion du CCIP, les résultats suivants ont été obtenus :

 

  • Il fallait s’entendre avec chaque pays. D’où le mémorandum d’entente. Tous les pays ont signé ce mémorandum en 2016 ;
  • L’OCAL devait acquérir et livrer les produits médicaux en 2016. Cela a été fait ;
  • L’approvisionnement des sites a été fait dans cette période. L’objectif étant que les pays prennent ensuite des dispositions prennent le relai pour approvisionner les sites en intrants ;
  • D’où l’OCAL a mis dans les circuits nationaux les approvisionnements avant son retrait en vue d’habituer les acteurs ;
  • L’Organisation a organisé des supervisions conjointes avec les Equipes cadres de districts (ECD) pour permettre aux districts d’être au courant de ces activités et que cela leur devienne routine après la dévolution. C’est en cours
  • Pour le rapportage, au début c’était fait directement à l’Etat. Aujourd’hui, les sites rendent compte à l’OCAL mais les déposent aussi au district sanitaire avec pour finalité de déposer directement par les etats qui eux nous rendront ces rapports.
  • Rétrocessions des autres activités des ONG à la partie nationale

 

Le Corridor Abidjan-Lagos concerne cinq pays : Nigéria, Bénin, Togo, Ghana et Côte d’Ivoire. Huit frontières sont prises en compte le long de cet espace long de 1022 km. Le Corridor compte une population en transit d’environ 47 000 000 d’habitants et une population résidente de 30 000 000 habitants. Il constitue le Corridor le plus important en Afrique de l’Ouest avec environ 75% des activités économiques.

Atinédi GNASSE