JMS 2019 : Des avancées et défis en matière de la riposte au VIH dévoilés aux journalistes.

Le 30 novembre 2019, sera célébré au Togo plus précisément à Afagnan, le lancement officiel de la 31ème édition de la Journée Mondiale de Lutte contre le sida. Cette information a été portée à l’attention des acteurs de médias ce vendredi 29 novembre 2019 lors d’une conférence de presse organisée par le SP/CNLS-IST. Le thème retenu cette année sur le plan mondial et repris au Togo est: « les communautés font la différence ».

Car la communauté internationale reconnait l’importance de l’activisme de la société civile dans les efforts menés pour  la lutte contre le VIH et le sida. Les communautaires mènent différentes initiatives communautaires dans le souci de contribuer à atténuer l’impact du VIH et du sida. Il s’agit notamment des ONG, des groupes religieux des pairs éducateurs des réseaux de personnes vivant avec le VIH, des personnes affectées, des tradipraticiens, des journalistes, des associations identitaires, des prestataires de service à domicile, les associations de femmes et de jeunes, des leaders communautaires etc.

En ouvrant les débats, le Coordonnateur National du SP/CNLS-IST, Professeur Vincent PITCHE a fait le point de l’épidémie  du VIH au Togo.  La prévalence dans la population générale en 2018 est de 2,27%. Cependant cette prévalence est plus élevée chez les populations clés (Homme ayant des rapports sexuel avec d’autres Hommes : 21,98%, Professionnels du Sexe : 13,20%, Usagers de Drogues Injectable : 3,60% et les Détenus : 5,40%.

Pour sa part, le pays a enregistré des avancées significatives dans la riposte au VIH surtout en ce qui concerne les objectifs des 3X90 de l’ONUSIDA.

Ainsi, pour :

  • le 1er 90 : 90% des PVVIH connaissent leur statut sérologique, le Togo a réalisé un taux de 66%
  • Le 2ème 90 : 90% des personnes qui connaissent leur statut sérologique ont accès à un traitement, un taux de réalisation de 89%
  • 20 554 PVVIH sous  le traitement ARV ont eu accès à la charge virale et 79 % ont une charge virale supprimée.

En dépit des avancées majeures constatées, des défis restent à relever. Pour lui : « d’ici 2030, il faut une réduction des nouvelles infections à 98%, réduction du taux de décès liés au sida à 95% et garder en tête la vision des trois zéro (1er zéro : zéro nouvelle infection à VIH ; 2ème zéro : zéro décès liés au VIH ; 3ème zéro : zéro discrimination)  d’où une implication accrue des communautés dans la riposte pour plus d’impact. Car dit –il les communautaires sont très important pour améliorer la qualité des soins et pour toucher un grand nombre de population».

Renchérissant les propos du Coordonnateur, le Directeur Pays ONUSIDA, Eric VERSCHUEREN a stipulé qu’il faut : « Eliminer le VIH comme problème de santé publique d’ici 2030 tout en passant par l’activisme et le plaidoyer chez les communautés. »

Le Président de la Plateforme des Organisations de la Société Civile de lutte contre sida et la promotion de la Santé, M. Eugène NOVON a dans son allocution remercié tous les partenaires impliqués dans la riposte et partant de là, il a réaffirmé l’engagement des communautaires dans cette lutte. Pour lui, le dépistage communautaire démédicalisé s’avère primordiale de nos jours pour atteindre la fin de l’épidémie d’ici 2030.

Pourquoi le dépistage communautaire démédicalisé ?

Selon les recommandations officielles de l’Organisation Mondiale de la santé(OMS) : Les agents communautaires ayant reçu une formation peuvent, en utilisant des tests diagnostiques rapides, délivrer de manière autonome des services sûrs et efficaces de dépistage du VIH. Une plus grande capacité à établir avec les populations clés des relations de confiance : la proximité des agents communautaires avec les groupes clés desquels ils sont issus favorise la confiance et le dialogue. Elle impacte ainsi positivement la réduction de la stigmatisation, encore bien présente et dans certains centres de santé classiques notamment dans des contextes où la prostitution, l’homosexualité et l’usage de drogues injectables sont criminalisés.

Honorine MOUKPE

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