La Journée mondiale de lutte contre le sida, le 30 novembre à Afagnan. Les organisations communautaires font la différence

La Journée Mondiale de lutte contre le Sida (JMS) 2019 a déroulé sa cérémonie officielle de lancement ce samedi 30 novembre 2019, à Afagnan, Chef-Lieu de la Préfecture du Bas-Mono. Plusieurs allocutions ont eu lieu. Elles ont soit présenté la situation du VIH au Togo, soit présenté les chances du Togo d’atteindre d’ici 2021 les deux premiers 90 de l’ONUSIDA, soit dressé le tableau des performances de la société civile dans la lutte contre le sida depuis environ 30 ans. Les innovations cette année sont, entre autres, l’organisation du lancement officiel par les Organisations de la <société Civile, la déclaration d’engagement des Chefs Traditionnels du Togo et la sensibilisation in situ sur les problèmes de la stigmatisation et de la discrimination.

Le lancement officiel

Le lancement officiel a été prononcé par le Président de la Plateforme des OSC contre le sida et pour la santé, Eugène NOVON. Il a dressé un tableau des actions des organisations de la Société civile aussi bien damns la prévention, la prise en charge que la stigmatisation. “La société civile joue son rôle et fait la différence”, selon lui.  Le président de la Plateforme a exprimé ses gratitudes au Chef de l’Etat grâce à qui le Togo a contribué à la reconstitution du Fonds Mondial avec une participation de un million de dollars. Mais, fait-il remarquer, “aujourd’hui, le constat est amer.

De son côté, le Directeur ONUSIDA au Togo, Dr Eric VERSCHUEREN a félicité le Togo pour sa place de locomotive dans la sous-région ouest et centre africaine, une place pas satisfaisante, mais une des meilleures dans cet espace. Avec données chiffrées à l’appui, il a salué les résultats de la riposte au sida au Togo. En exemple, il a dit que 7 personnes vivant avec le VIH sur 10 connaissent leur statut sérologique ; 6 sur 10 sont sous traitement ARV ; 8 femmes enceintes sur 10 prennent les médicaments antirétroviraux. La réduction des nouvelles infections à VIH est évidente, même si elle apparaît plus lente que prévue. Le cas des réductions des décès liés au sida se porte un peu mieux. Tous ces résultats sont obtenus, consteate-t-il, en partie grâce à la mise en application des objectifs 90 et aussi grâce au dynamisme de la société civile. Malgré cela, il y bien de défis à relever. Malgré le cadre juridique fort, il existe certaines lois dont les dispositions ne garantissent pas toujours le droit à la santé pour tous. Il a enfin salué l’Etat togolais qui met en place les structures nécessaires à la riposte efficace, le ministère de la santé qui renforce le système sanitaire du Togo. Le Togo fait des progrès, a-t-il conclu, et sur cette lancée, a-t-il dit, il pourra être le premier dans la sous-région à atteindre les deux premiers 90.

Le Chef Communication et Relations Publiques du Secrétariat Permanent du CNLS-IST, M. Atinèdi GNASSE, représentant le Coordonnateur national, a présenté un tableau synoptique de l’épidémiologie au Togo. La prévalence en 2018 « est estimée à 2,27% dans la population générale : 2,89% chez les femmes et 1,58% chez les hommes. Les estimations régionales de 2018 donnent : Lomé Commune : 2,53%, Maritime : 3,19%, Plateaux : 2,09%, Centrale : 2,12%, La Kara : 1,83 % et Les Savanes : 0,52% ». Il a salué l’action de « tous les secteurs de la société togolaise, tous les acteurs à tous les niveaux, tous les partenaires techniques et financiers, bilatéraux et multilatéraux » et souligné « la détermination et l’engagement de l’Etat togolais à créer les conditions à l’action de chacun ». L’Etat qui, «à travers le Conseil national de lutte contre le sida, donne des orientations, mobilise les ressources, et veille à la bonne gouvernance de la riposte ».

A propos du thème de la JMS 2019, “Les communautés font la différence”, et le rôle des organisations communautaires, le représentant du SP/CNLS-IST a souligné l’attention particulière du Secrétariat Permanent qui leur a accordé une place de choix dans la nouvelle politique nationale de lutte contre le VIH et le sida au Togo 2021-2030, Vision 2030.

Il a souligné que « l’une des stratégies pour atteindre efficacement les populations ciblées est le dépistage communautaire ». De même la politique souligne que « la société civile sera fortement impliquée dans la prise en charge communautaire et les actions de soutien des PVVIH de même que dans la lutte contre la discrimination et la stigmatisation ».

La première intervention à cette cérémonie est le Préfet du Bas/Mono, M. Kokou SOGBO, président du Comité Préfectoral de lutte contre le sida. Il a remercié la plateforme des OSC en lutte contre le sida et pour la santé pour le choix de son territoire pour le lancement de la JMS 2019. Pour lui ; « le thème de cette année interpelle toutes les populations à prendre à bras le corps le problème de santé qui est une denrée précieuse ».

Les chefs coutumiers s’engagent

Le Chef-Canton d’Agomé-Glozo, Togbui Koegan-Toyo a, au nom du Président des Chefs traditionnels du Togo, lu un engagement de ses pairs.

« Ainsi nous, gardiens des us et coutumes du Togo, qui avons la responsabilité du bien-être de nos populations, nous devons nous engager beaucoup plus aux côtés de ces populations en contribuant à faciliter les actions des ONG et associations, des leaders de nos communautés, des associations et regroupements des jeunes et des femmes et toutes auutres actions à base communautaire dans la riposte au VIH. En nous impliquant dans cette lutte, nos voix résonneront fort contre  toutes les formes de stigmatisation et de discrimination et autres violations des droits humains surtout les violences faites aux femmes et aux jeunes filles.

Chers acteurs de la société civile togolaise en lutte contre le VIH ; chers amis, parents, filles et fils atteints par le VIH, vous avez notre soutien indéfectible. Nous allons dorénavant engager dans nos contrées des débats communautaires à propos. Chaque chefferie y mettra du sien et sera actrice de terrain à vos côtés ».

La sensibilisation sur la stigmatisation

Le Président du Réseau des Associations des personnes vivant avec le VIH, RAS+ Togo; Augustin Dokla, a eu droit à une dizaine de minutes pour sensibiliser Il a fait référence à l’observatoire des droits humains et VIH dont les résultats des activités indique la stigmatisation est un fait réel de notre société. 3/4 des PVVIH ont eu des difficultés à obtenir un emploi pour cause de statut VIH, et 4/5 pour obtenir un logement. Ces cas de stigmatisation sont enregistrés dans les familles, sur les lieux de travail, etc. Il a salué l’engagement des Chefs traditionnels qui, dit-il, est une voix capitale pour lutter contre les deux formes de l’épidémie que constituent la stigmatisation et la discrimination.

Atinédi GNASSE.

 

 

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