La stigmatisation des personnes vivant avec le VIH demeure l’un des principaux obstacles à l’efficacité de la riposte contre le VIH au Togo. En effet, la discrimination, le rejet social et les préjugés continuent d’affecter l’accès au dépistage, aux soins et au traitement pour de nombreuses personnes concernées. À l’occasion de la Journée Zéro Discrimination, célébrée chaque 1er mars, le Réseau des associations de personnes vivant avec le VIH (RAS+) a présenté, le 6 mars 2026, le rapport annuel 2025 de l’Observatoire des droits humains et VIH.
La rencontre s’est tenue dans la salle de réunion du Secrétariat permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les IST à Lomé, en présence du coordonnateur national du secrétariat permanent du conseil national de lutte contre le sida et les IST, Prof PITCHE P. Vincent, de la Coordinatrice résidente du Nations Unies au Togo, Coumba D. Sow, ainsi que de représentants gouvernementaux, d’organisations de la société civile, de confessions religieuses et de partenaires techniques et financiers.
Selon les données compilées par l’ODH-VIH, 189 cas de stigmatisation liés au VIH ont été signalés en 2025 contre 419 en 2021 soit une réduction de 55%.
Répartition des cas de stigmatisation par région
L’analyse des données montre en évidence des disparités régionales importantes. La région de Grand Lomé concentre, à elle seule, près de la moitié des cas signalés au niveau national soit 85 cas enregistrés en 2025 suivie de la région centrale avec 33 cas.
Selon ce rapport, ces situations de discrimination envers les personnes vivant avec le VIH se manifestent dans différents contextes : milieu Famille et communauté 76%, milieu Professionnel 10%, auto-stigmatisation 8% et milieu médical 6% .


Une diminution encourageante des cas de stigmatisation
Malgré ces défis, des progrès significatifs ont été réalisés dans la lutte contre la stigmatisation liée au VIH au Togo.
Entre 2021 et 2025, le nombre de cas signalés est passé de 419 à 189, soit une réduction de 55 % en cinq ans. Cette évolution positive témoigne de l’impact des actions de sensibilisation, de plaidoyer et de promotion des droits humains menées par les autorités nationales, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers.
Ces efforts contribuent à améliorer l’environnement social des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et à renforcer l’efficacité de la réponse nationale au VIH.
La stigmatisation, un frein à l’accès aux soins
Malgré les avancées observées, la stigmatisation reste un défi majeur. Elle peut conduire certaines personnes vivant avec le VIH à cacher leur statut sérologique, à éviter les structures de santé ou pire à abandonner leur traitement. Or, l’accès précoce aux soins et l’adhésion au traitement antirétroviral sont essentiels pour contrôler l’épidémie de VIH et améliorer la qualité de vie des patients. 33,6 % des personnes vivant avec le VIH déclarent avoir été victimes de remarques discriminatoires ou de commérages au sein de leur famille. Par ailleurs, 34 % des personnes interrogées estiment que leur confiance en soi a été négativement affectée par leur statut sérologique.
Les acteurs de la riposte appellent ainsi à renforcer la lutte contre la discrimination et la stigmatisation, notamment dans les familles, les communautés et les milieux professionnels.
Renforcer la lutte contre la stigmatisation pour atteindre les objectifs 2030
Le SP/CNLS-IST rappelle que la stigmatisation et la discrimination liées au VIH constituent des violations des droits humains et peuvent freiner les progrès vers l’atteinte des objectifs d’élimination de l’épidémie à l’horizon 2030. Pour mettre fin à la stigmatisation, il est essentiel de renforcer :
- la sensibilisation des communautés ;
- la promotion des droits des personnes vivant avec le VIH ;
- l’engagement des leaders communautaires et religieux ;
- la mobilisation des médias et des institutions publiques.
Ensemble contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH
La lutte contre le VIH ne peut être pleinement efficace que dans un environnement où le respect, la dignité et l’égalité des droits sont garantis pour tous.
Le SP/CNLS-IST appelle l’ensemble des acteurs – institutions publiques, organisations de la société civile, médias, leaders communautaires et citoyens – à poursuivre les efforts afin de mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH au Togo.
Mettons fin à la stigmatisation. Ensemble, protégeons la dignité humaine et renforçons la riposte nationale au VIH.









