Le Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les IST (SP/CNLS-IST), en collaboration avec l’ONUSIDA, a organisé un atelier national de plaidoyer pour promouvoir l’intégration du Community-Led Monitoring (CLM) dans les mécanismes de gestion des services de santé au Togo. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement du leadership communautaire dans la riposte nationale au VIH.

Le CLM, ou Suivi dirigé par les communautés, est une approche participative permettant aux communautés, notamment les bénéficiaires des soins, d’identifier et de suivre les défis liés à l’accès, à la qualité et à l’équité des services de santé. Depuis 2020, le Togo expérimente ce modèle avec des résultats probants grâce au soutien de partenaires comme le Fonds mondial, l’USAID et ONUSIDA.
Malgré les avancées, des défis subsistent : reconnaissance institutionnelle limitée, faible prise en compte des données du CLM dans les politiques publiques, méfiance de certains prestataires et financements insuffisants. Pour pallier ces obstacles, la subvention catalytique FBMG vient soutenir les efforts non couverts par les programmes en fin de cycle, en vue de pérenniser cette dynamique communautaire.
L’atelier a réuni plus de 50 participants issus des directions régionales et préfectorales de la santé, des organisations de la société civile (RAS+, Réseau Cupidon, Plateforme des OSC), des programmes nationaux (PNLS, PNLT, PNLP), ainsi que des partenaires techniques et financiers. Pour la Directrice pays de l’ONUSIDA, Dr Yaye Kanny DIALLO, « le community Led monitoring est un outil précieux pour s’assurer que les bénéficiaires sont bien accueillis et que les services sont fournis dans le respect des normes. Cela permet également de faire remonter les réalités du terrain. Lorsque les personnes concernées sont placées au centre de la réponse, les résultats suivent. Le CLM nous aide aussi à identifier les obstacles à l’accès aux soins et donc à proposer des solutions concrètes. A 5 ans de 2030, il n’y a pas de meilleures stratégies que de renforcer le leadership communautaire à travers le CLM et d’autres initiatives déjà en cours ».
Les discussions ont permis de partager les résultats du CLM mis en œuvre sur le terrain, de souligner sa contribution à la prévention des ruptures d’intrants, à l’amélioration de l’accès à la charge virale et à la redevabilité du système de santé. Une feuille de route a été adoptée pour favoriser son intégration progressive (à 90%) dans les outils de planification et de suivi des districts sanitaires.
« Le CLM est un levier essentiel pour renforcer les systèmes de santé. Il permet de replacer les communautés au cœur des décisions, pour des services plus accessibles et de meilleure qualité », a déclaré le président du conseil d’administration de RAS+ lors de l’atelier.
Ce plaidoyer marque une étape décisive vers l’appropriation nationale du CLM et la consolidation du rôle des communautés dans l’atteinte des objectifs de santé publique, conformément à la stratégie « 30-80-60 » de l’ONUSIDA.


















