CNLS-IST

Conseil National de Lutte Contre le SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles

Validation du rapport d’évaluation du Plan Genre et Droits humains 2021-2025: Encore des efforts à fournir.

Le Genre et les Droits humains au centre d’un atelier à Lomé ce 9 juillet 2026 à l’initiative du Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les Infections Sexuellement Transmissibles (SP/CNLS-IST), les acteurs de la riposte nationale au VIH ont validé le rapport d’évaluation du Plan d’action dédié à ces deux thématiques en matière de VIH/Sida et de tuberculose 2021-2025. Cet exercice marque une étape décisive dans la préparation du futur Plan opérationnel 2027-2030, qui devra permettre au Togo de renforcer une réponse au VIH fondée sur les droits humains, l’égalité de genre et l’inclusion.

Photo de famille des participants

Un plan qui a permis de renforcer la riposte

Mis en œuvre entre 2022 et 2025, le Plan d’action avait pour ambition d’éliminer les obstacles liés à la stigmatisation, aux discriminations, aux inégalités de genre et aux violations des droits humains qui freinent l’accès aux services de prévention, de dépistage, de traitement et de prise en charge du VIH. Structuré autour de cinq domaines d’intervention et de 58 activités, il a été évalué selon les critères internationaux du CAD-OCDE afin d’apprécier sa pertinence, son efficacité, son impact et sa durabilité.

L’évaluation, conduite selon une méthodologie rigoureuse combinant l’analyse documentaire, des entretiens avec les acteurs institutionnels, les partenaires et les organisations communautaires, ainsi que des groupes de discussion, offre une vision globale des progrès accomplis et des défis restant à relever.

Des résultats encourageants sur le terrain

Le rapport met en évidence plusieurs avancées significatives enregistrées au cours des cinq dernières années.

Parmi les principales réalisations figurent la mise en place de 107 cellules de veille communautaire, dépassant largement l’objectif initial, la sensibilisation de plus de 281 000 personnes, la documentation de 1 426 cas de stigmatisation et de discrimination par l’Observatoire des Droits Humains et VIH (ODH-VIH), ainsi que la prise en charge de 374 victimes de violences basées sur le genre, soit un taux de réalisation de 187 % des objectifs fixés. En parallèle, 396 acteurs de la chaîne judiciaire ont été formés afin de renforcer la protection des droits des personnes concernées par le VIH.

Le rapport souligne également la contribution de ces interventions aux performances nationales de la cascade 95-95-95, avec 93,4 % des personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut sérologique, 92,6 % sous traitement antirétroviral et 91 % présentant une charge virale supprimée en 2025.

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Des performances contrastées selon les domaines

L’évaluation révèle toutefois des résultats variables selon les axes d’intervention.

Les domaines consacrés à la réduction de la stigmatisation dans les services de santé, à l’accès aux services juridiques et à la coordination de la riposte affichent des niveaux de performance satisfaisants, grâce notamment au renforcement des capacités des prestataires de santé, à la formation des acteurs judiciaires, au développement du Community Led Monitoring (CLM) et au rôle déterminant de l’Observatoire des Droits Humains et VIH.

En revanche, le domaine relatif à l’amélioration de l’environnement juridique et politique apparaît comme le principal point faible du Plan. Aucune réforme législative majeure n’a pu être adoptée au cours de la période, malgré les actions de plaidoyer menées. Les textes d’application de certaines lois attendent toujours d’être pris, limitant ainsi la protection effective des populations vulnérables.

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Deux défis majeurs : les réformes et le financement

Le rapport identifie deux obstacles structurels qui continuent de freiner les progrès de la riposte. Le premier concerne la lenteur des réformes juridiques destinées à renforcer la protection des droits humains des personnes vivant avec le VIH et des populations clés. Le second est lié à la forte dépendance des financements extérieurs. Entre 80 % et 86 % des ressources mobilisées proviennent des partenaires techniques et financiers, tandis que le taux de mobilisation des ressources est passé de 155 % en 2023 à seulement 53 % en 2025, illustrant la fragilité financière des acquis obtenus.

Le rapport met également en garde contre la résurgence de certains cas de stigmatisation dans les établissements de santé à la suite de la réduction de certains financements internationaux, rappelant que les progrès demeurent fragiles lorsqu’ils ne sont pas soutenus par des mécanismes nationaux pérennes.

Des orientations pour le Plan 2027-2030

À l’issue de cette évaluation, plusieurs recommandations stratégiques ont été formulées afin de consolider les acquis. Elles portent notamment sur l’inscription de l’Observatoire des Droits Humains et VIH et des cellules de veille communautaire au budget national, le renforcement du plaidoyer législatif, l’extension du Community Led Monitoring, l’amélioration de la documentation des violences basées sur le genre, la création de nouveaux centres adaptés aux jeunes ainsi que le renforcement des partenariats avec les leaders communautaires, religieux et traditionnels.

Vers une riposte plus durable et plus inclusive

Au terme des travaux, les participants ont validé les conclusions du rapport et réaffirmé leur engagement à faire du futur Plan Genre et Droits humains 2027-2030 un levier majeur pour lever les obstacles qui limitent encore l’accès équitable aux services liés au VIH.

En consolidant les acquis obtenus tout en relevant les défis juridiques, sociaux et financiers identifiés, le Togo entend accélérer sa marche vers l’atteinte des objectifs 10-10-10 de l’ONUSIDA et contribuer à mettre fin au sida comme menace de santé publique d’ici 2030, sans laisser personne de côté.

Le VIH en chiffres au Togo

Voici les données les plus récentes sur le VIH pour 2024

1er 95

92% des PVVIH connaissent leur statut sérologique

2ème 95

92% des PVVIH connaissant leurs statuts sont sous traitement ARV

3ème 95

85% des PVVIH sous ARV avaient une charge virale supprimée

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