Mobilisation générale pour pérenniser les acquis, le Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les Infections Sexuellement Transmissibles (SP/CNLS-IST) organise les 4 et 5 août 2026, à l’Hôtel Concorde de Lomé, la revue annuelle des activités de la riposte nationale au VIH et au Sida au titre de l’année 2025. Placée sous le thème « Réduction des financements et pérennité des programmes : Quels sont les défis ? », cette rencontre réuni les autorités gouvernementales, les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les représentants des communautés, du secteur privé ainsi que les médias afin d’évaluer les performances de la riposte nationale et d’identifier les stratégies à mettre en œuvre pour préserver les acquis dans un contexte marqué par la diminution des financements internationaux.
Photo de famille des participants
Une cérémonie d’ouverture marquée par trois interventions
La cérémonie d’ouverture a été rythmée par trois interventions majeures. Le Coordonnateur national du SP/CNLS-IST, Professeur PITCHE Palokinam Vincent, a présenté les principaux résultats du Rapport annuel 2025 de la riposte nationale au VIH. Il a souligné que le Togo poursuit sa progression vers le contrôle de l’épidémie grâce aux efforts conjoints du Gouvernement, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et des communautés. Tout en saluant les performances enregistrées, il a rappelé que la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, la prévention auprès des adolescents et la mobilisation des ressources nationales demeurent des priorités.

Le Directeur pays de l’ONUSIDA Dr Christian MOUALA, a, dans son allocution, félicité le Togo pour les progrès réalisés au cours des dernières années et réaffirmé l’engagement de l’ONUSIDA à accompagner le pays dans ses efforts pour accélérer l’atteinte des objectifs mondiaux de lutte contre le VIH, malgré un contexte international marqué par une réduction des financements.
Ouvrant officiellement les travaux, le Secrétaire Général du Ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Dr WOTOBE Kokou, a salué le travail de coordination assuré par le SP/CNLS-IST et rappelé que cette revue constitue un exercice essentiel de redevabilité, d’analyse des performances et d’orientation stratégique. Il a invité l’ensemble des participants à formuler des recommandations pertinentes afin de consolider les acquis et d’assurer la pérennité des programmes de lutte contre le VIH.
Des indicateurs d’impact qui confirment les progrès du Togo
Les résultats présentés au cours de cette revue témoignent de l’évolution positive de la riposte nationale. En 2025, la prévalence nationale du VIH est estimée à 1,6 %, poursuivant sa tendance à la baisse. Entre 2010 et 2025, le Togo a enregistré une réduction de 70 % des nouvelles infections au VIH, passant de 7 100 à 2 100 nouveaux cas, ainsi qu’une baisse de 73 % des décès liés au Sida. Ces performances traduisent l’efficacité des interventions déployées depuis plus d’une décennie.
Des résultats programmatiques encourageants
Les résultats enregistrés dans les différents domaines d’intervention illustrent les progrès accomplis tout au long de l’année 2025.
Prévention
Les actions de prévention ont permis de toucher un large public à travers le pays. Au total, 2 367 586 personnes ont bénéficié d’activités de sensibilisation de proximité pour le changement de comportement. Le même nombre de personnes a également été sensibilisé sur les violences basées sur le genre.
Par ailleurs, 26 318 206 préservatifs ont été distribués, tandis que 650 142 personnes ont réalisé un dépistage du VIH.
Chez les femmes enceintes, 279 080, soit 89,44 % de celles attendues, ont été dépistées au VIH en 2025. En outre, 3 096 nouveau-nés issus de mères vivant avec le VIH ont bénéficié d’une prophylaxie antirétrovirale. Les résultats montrent un taux de séropositivité de 1,17 % chez les nourrissons à l’âge de six semaines, tandis que le taux de transmission mère-enfant est estimé à 11,3 % à 18 mois, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts dans ce domaine.
Soins et traitement
La prise en charge des personnes vivant avec le VIH continue de s’améliorer. En 2025, 95 185 personnes vivant avec le VIH étaient suivies dans les structures de prise en charge sur une estimation nationale de 100 000 personnes vivant avec le VIH. Parmi elles, 95 038 étaient sous traitement antirétroviral, soit un taux national d’arrimage de 99,85 %, confirmant les excellentes performances du pays dans le domaine des soins et du traitement.
Droits humains et lutte contre la stigmatisation
Le renforcement de la protection des droits humains demeure un pilier essentiel de la riposte. Ainsi, 107 cellules de veille étaient opérationnelles sur l’ensemble du territoire pour prévenir et combattre la stigmatisation. Au cours de l’année, 165 victimes de stigmatisation, de discrimination ou de violences ont bénéficié d’une assistance juridique.
Financement de la riposte
En 2025, les dépenses consacrées à la lutte contre le VIH se sont élevées à 19,37 milliards de FCFA. Les partenaires techniques et financiers ont assuré 86,44 % du financement de la riposte, tandis que les ressources nationales ont représenté 13,52 %. Cette situation met en évidence la nécessité de renforcer progressivement le financement domestique afin d’assurer la durabilité des interventions.
Préserver les acquis face à la baisse des financements
Les échanges portent particulièrement sur les conséquences de la réduction des financements internationaux dédiés à la lutte contre le VIH. Les participants ont souligné l’importance de développer des mécanismes innovants de financement, de renforcer la mobilisation des ressources nationales et de maintenir une coordination multisectorielle forte afin de garantir la continuité des services de prévention, de dépistage, de traitement et de prise en charge.









